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Posté : lun. 6 mai 2013 16:26
par Gillossen
Posté : lun. 6 mai 2013 17:46
par owingketinketink
Merci pour la découverte. A la fois de la maison d'édition -m'ont l'air déjanté comme j'aime ces dénicheurs de pépites. De l'auteur et du titre. Quant à la 4eme de couv : tout ce que j'aime, tout. Une de mes prochaines lectures de quand j'aurai le temps. M'en fait déjà une fête.Le lien vers la maison d'édition :
http://www.editions-attila.net/la_langu ... livre.htmlRudement chouette leur catalogue, rare.Merci Atanaheim.
Posté : lun. 6 mai 2013 17:51
par Atanaheim
De rien. ;)Une belle lecture que ce roman ! J'espère vraiment qu'il te plaira. Mais je suis presque sûr que ce sera le cas

Posté : mar. 7 mai 2013 08:40
par Aslan
Pour une fois qu'on a droit à un roman original...

Posté : jeu. 16 mai 2013 15:00
par Perrin
Comme quoi, la fantasy peut encore surprendre, c'est bon à savoir. Merci pour cette découverte !
Posté : ven. 30 mai 2014 08:37
par Aslan
Comme quoi, on en avait eu raison de le nommer.

:arrow:
http://www.elbakin.net/edition/21518-Le ... naire-2014
Posté : sam. 31 mai 2014 13:17
par Tybalt
Un prix mérité

Je l'avais lu il y a quelques mois et beaucoup aimé ! Quelques comparaisons pêle-mêle pour vous donner une idée : on est quelque part entre le réalisme magique, le conte philosophique et la
fantasy humoristique à sujet préhistorique façon
Pourquoi j'ai mangé mon père de Roy Lewis (même si
L'Homme qui savait... se passe au Moyen âge). Il y a aussi un côté Rabelais, au fond (la tendance à boire et à fracasser joyeusement des crânes). Et pourtant, tout se passe en Estonie, et on plonge aussi à cette occasion dans un imaginaire à la fois familier et différent.Le seul défaut que j'ai trouvé à ce roman est (mais impossible de développer sans dévoiler des éléments importants de l'intrigue) :
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Son pessimisme sur le fond de son sujet : les gens sont stupides, ils suivent la mode, oublient leurs traditions, etc., le savoir disparaît et finalement personne n'arrive à éviter cette perte pourtant catastrophique. Aucune place pour la recherche, la diffusion du savoir, la possibilité de redécouvrir le passé ou de concilier tradition et modernité. On est en plein Moyen âge façon "âge sombre", sans savants, sans personne pour rattraper les autres. C'est un univers au fond sombre et misanthrope. Bref, rigolons et traitons-nous de cons les uns les autres. Mouais. L'humour misanthrope sans nuance, j'adore pas, surtout que finalement c'est extrêmement conformiste. Je préfère nettement les romans qui proposent des solutions ou au moins gardent un espoir possible.Accessoirement, c'est typiquement le genre de roman qui pourrait faire l'objet de contresens ou de récupérations politiques allant dans le sens d'un nationalisme ou d'un conservatisme béat (même si ça ne tient pas la route quand on lit attentivement le livre).
En tout cas, rien que pour le style, c'est un livre à lire ! J'espère que le prix aidera à faire connaître l'auteur en France et aussi à faire traduire plus de livres estoniens en français, parce que pour le moment on ne peut pas dire qu'on ait un grand choix en la matière.
Posté : lun. 2 juin 2014 13:03
par Gillossen
Merci d'avoir pris la peine de poster ton avis !

Posté : lun. 2 juin 2014 21:30
par Tybalt
Ah ben avec plaisir ! C'est l'une de mes belles découvertes de fantasy de l'an dernier et, même si le bouquin n'est pas parfait (lequel l'est ?), je le recommande chaudement

Posté : sam. 12 juil. 2014 11:58
par Tybalt
Un autre roman de Kiviräkh, lui aussi situé dans une Estonie teintée de mythes et de légendes, paraîtra chez le même éditeur (Le Tripode) en octobre

![Image]()
Présentation sur le site de l'éditeur a écrit :Les Groseilles de novembreLire Andrus Kivirähk, c’est à chaque fois se donner la certitude que l’on va entrer de la façon la plus naturelle dans un monde proprement extraordinaire. L’Homme qui savait la langue des serpents (Le Tripode, 2013, Prix de l'Imaginaire 2014 du roman étranger) nous avait habitués à l’idée d’une époque où il était encore possible d’épouser des ours, d’avoir pour meilleur ami une vipère royale ou encore de voler dans les airs à l’aide d’ossements humains. Les Groseilles de novembre démontre un peu plus les talents de conteur de l’écrivain. Nous voici cette fois-ci immergés dans la vie quotidienne d’un village au Moyen-Âge où tout pourrait sembler normal et où, très vite, plus rien ne l’est. Les seigneurs sont dupés par leurs serfs, des démons maraudent, des vaches magiques paissent sur les rivages, les morts reviennent, le diable tient ses comptes, une sorcière prépare ses filtres dans la forêt et, partout, chaque jour, les jeux de l’amour et du désir tirent les ficelles de la vie. À la fois hilarant et cruel, farce moyenâgeuse et chronique fantastique, Les Groseilles de novembre est considéré en Estonie comme le meilleur roman d’Andrus Kivirähk.
Posté : mar. 15 juil. 2014 13:57
par Gillossen
Merci pour cette alerte !

Posté : jeu. 17 juil. 2014 18:10
par IbZz
Excellente nouvelle! Je cherchais d'autres romans de cet auteur, tant j'ai aimé celui-ci. Une vraie merveille, particulièrement sur le fond, frais et innovant. J'y ai ressenti une ode à la forêt, un conte célébrant la nature et sa relation avec l'homme d'antan, avant la contamination par les missionnaires, un peu comme dans la forêt des mythagos, de robert Holdstock, en moins sérieux. Cependant, ayant lu le fameux blockbuster de Tim Willock juste avant, essentiellement basé sur l'action et le grandiose, ça m'a fait un bien fou de revenir à quelque chose de moins cinématographique, et de sentir davantage de construction et d’originalité dans le scénario. Le contexte historique de "La Religion" est fabuleusement restitué, mais on sent que c'est du cinéma, et que tout est méticuleusement calculé, alors qu'ici, l'auteur parle de ce qui le touche au plus profond de lui-même, son peuple et ses origines, et qu'il cherche à faire partager son amour des valeurs estonniennes ancestrales. Bien sûr le livre n'est pas parfait, mais l'univers en question est si bien rendu, l'humour bien pesé et l'histoire si surprenante que j'aimerais beaucoup lire d'autres ouvrages de cet auteur dont on dit tant de bien sur le net, mais dont un seul ouvrage est disponible en français.Je me réjouis de lire ces histoires de groseilles! Merci pour cette annonce, c'est une excellente nouvelle.
Posté : mer. 8 oct. 2014 23:01
par Tybalt
Les Groseilles de novembre approchent, a priori. Je suis assez impatient, je dois dire !EDIT : Hiii, ça paraît même
le 9 octobre, donc vendredi !Il y a une vidéo de 11 minutes sur la page du livre sur le site de l'éditeur (lien deux lignes plus haut) avec une interview de l'auteur.
Posté : jeu. 9 oct. 2014 08:01
par Flykillerman
Tybalt a écrit :Les Groseilles de novembre approchent, a priori. Je suis assez impatient, je dois dire !EDIT : Hiii, ça paraît même
le 9 octobre, donc vendredi !Il y a une vidéo de 11 minutes sur la page du livre sur le site de l'éditeur (lien deux lignes plus haut) avec une interview de l'auteur.
Le 09 octobre c'est aujourd'hui, jeudi.

Posté : ven. 10 oct. 2014 00:06
par Tybalt
Oh ! En effet.Bon ben, c'est encore mieux.Zut, j'aurais pu tenter de le trouver aujourd'hui, du coup. Bon. Demain, alors.EDIT le 26 : trouvé, lu et beaucoup apprécié ! Je crée
un sujet à part pour en parler plus en détail.
Posté : jeu. 30 avr. 2015 09:51
par Iselle
Lu, découvert grâce à Elbakin. Et je dois bien dire "merci", parce que j’ai adoré !

Bon, il faut dire qu’un livre fantasy/historique qui se passe dans un pays du Nord dont on entend peu parler, il partait déjà avec une longueur d’avance pour moi. Mais c’est tout de même plein de bons points : une belle écriture fluide et plaisante à lire, des personnages bien construits et attachants (Hiie, que j’ai aimé son évolution !), un peu d’humour, et surtout la découverte d’histoires d’un pays dont je ne connais pas grand-chose.Je rejoins un peu l’avis de Tybalt :
► Afficher le texte
A propos de la façon dont les gens abandonnent parfois un peu trop facilement leur mode de vie. Je veux bien que pour ceux qui n’ont rien connu d’autre, le mode de vie paysan leur convient, mais pour ceux qui connaissent la langue des serpents… enfin quoi ils doivent bien se rendre compte de ce qu’ils perdent !
Mais ça n’a pas gâché mon plaisir de lecture. Et évidemment,
Les groseilles de novembre est sur ma liste d’achats.

Posté : dim. 3 mai 2015 10:50
par Flykillerman
L'homme qui savait la langue des serpents en poche le 28 mai

Posté : dim. 3 mai 2015 11:03
par justi
Excellent ! Dans ma liste à acheter immédiatement.Je n'ai lu que Les groseilles de novembre, que j'ai adoré et que je classe assez haut dans mes découvertes récentes. Beaucoup de choses m'y ont fait penser à Léo Perutz, un écrivain (un génie ?) dont on parle aussi trop peu.
Posté : dim. 3 mai 2015 11:21
par Tybalt
Excellente nouvelle, cette réédition poche ! C'est bon signe, ça veut dire que le grand format a fait de bonnes ventes, et le poche va permettre à un public différent de le lire. Je n'ai pas fini de l'offrir autour de moi, ce livre...
justi a écrit :Beaucoup de choses m'y ont fait penser à Léo Perutz, un écrivain (un génie ?) dont on parle aussi trop peu.
Du coup, si tu te sens d'en dire deux mots ici pour le faire découvrir à ceux qui ne le connaissent pas...

Posté : dim. 3 mai 2015 11:23
par justi
Tybalt a écrit :Du coup, si tu te sens d'en dire deux mots ici pour le faire découvrir à ceux qui ne le connaissent pas...

Je ne sais pas très bien s'il faut que je le fasse ici, dans le fil, au risque d'être hors-sujet ou s'il serait utile de créer un topic dédié.Du coup, je vais mettre ce que j'ai écrit sur le sujet ici, en spoiler, pour ne pas encombrer. S'il faut le déplacer, no problem.
► Afficher le texte
Léo Perutz est un écrivain autrichien né en 1882, mort en 1957.Il est auteur de nombreux romans qui ne sont pas sans rapport avec la fantasy, le fantastique, le merveilleux...Plusieurs de ses textes sont qualifiés de chefs-d’œuvre de la littérature fantastique, mais leur réception en France a la plupart du temps touché les amateurs de littérature blanche plutôt que les fans de littératures de l'imaginaire, ce qui est assez dommage, et son lectorat reste relativement réduit, bien que la plupart de ses livres soient disponibles en poche.Ses thématiques sont en effet très proches de celles que nous aimons.Les romans de Perutz présentent des aventures pleines de rebondissements, riches en éléments surnaturels (le diable et les démons y sont omniprésents), situées dans des périodes historiques bien définies, généralement documentées, mais sans lourdeurs d'explications (principalement la Renaissance et la période napoléonienne). Poursuites épiques, batailles sanguinolentes, personnages plus grands que nature y côtoient questionnements métaphysiques, interrogations sur la nature du mal et de la création, mais aussi histoires cocasses et fulgurances apocalyptiques.Mes romans préférés sont :LE CAVALIER SUEDOIS : situé en Silésie au 18ème siècle, pendant la guerre entre les troupes du roi suédois et celles du tsar, ce roman retrace l'histoire d'un voleur qui, pour échapper à la boucherie et mener une vie plus heureuse auprès des siens, usurpe l'identité d'un cavalier suédois, "aussi fougueux que fat." Pourchassé par les troupes russes et le Diable, sa fuite le mènera-t-elle à sa famille ou aux bouches de l'Enfer ? "Poétique, ce livre émouvant manie le fantastique avec une subtilité inégalée, le laissant s'évanouir ici pour mieux le faire resurgir là. C'est un passionnant roman d'aventures, et tellement plus. Si le pessimisme de l'auteur s'y exprime, c'est sans grandiloquence, avec une sorte de pudeur. C'est enfin une superbe histoire d'amour. Amour d'un homme pour une femme, pour sa petite fille, et qui ira pour elles jusqu'à se dépouiller de son nom. Un chef d'œuvre."LA NUIT SOUS LE PONT DE PIERRE : Recueil de nouvelles rassemblées en roman par une trame lâche. Perutz était juif et exprime dans ce roman toutes les ressources du fantastique juif et de ses contes traditionnels. Il était aussi praguois, ne nous étonnons donc pas de retrouver des golems dans ce bouquin. "Le rabbin Loew, celui à qui on attribue la réalisation du Golem, y est évoqué. On y croise aussi l'empereur Rodolphe et une foule de personnages, des puissants et des gens de rien, tous guettés par la mort. La nouvelle Un Pichet d'eau-de-vie montre un alcoolique, musicien pauvre, cuvant son eau-de-vie dans le cimetière, le jour où les fantômes des morts de l'année passée viennent appeler les morts de l'année à venir. L'homme entend son nom. La légende se mêle à l'histoire en un basculement permanent de la réalité. Lorsque l'empereur succombe à la beauté de Rachel, l'épouse du rabbin Meisl, le rabbin Loew use d'un charme pour que les amoureux se rencontrent en rêve. Cet amour traverse tout le roman, union impossible de deux cultures, de deux classes sociales, union radieuse que symbolisent la rose et le romarin enlacés sous le Pont de Pierre, ce symbole de Prague, amour tragique qui condamne Rachel." LE MAITRE DU JUGEMENT DERNIER : "Le baron Gottfried von Yosch est appelé à remplacer, lors d'une soirée chez l'acteur Eugen Bischoff, un musicien indisponible. Étrange soirée… D'une part, le baron, ancien amant de Dina, l'épouse du comédien, se résigne mal à la rupture qu'elle lui a imposée. D'autre part, les amis d'Eugen Bischoff s'ingénient à lui dissimuler que sa carrière est sur le déclin et que la banque où il avait placé toutes ses économies vient de faire faillite. Aussi, lorsque l'acteur se suicide, après le concert, se trouve-t-il des gens pour penser que le baron, jaloux, l'y a poussé en lui révélant les mauvaises nouvelles. Mais bientôt, le roman bascule." Roman exemplaire en matière de fantastique. Tout commence comme une enquête policière (le baron a-t-il vraiment poussé l'acteur au suicide ?), avec recherches d'indices et de preuves. Puis, l'ambiance devient de plus en plus étouffante jusqu'à l'irruption dans le réel de la Mort et du monde des morts, toujours sous-jacent au nôtre, pour atteindre un final apocalyptique.Comme chez Kivirähk, le fantastique est chez Perutz ancré dans le quotidien. Plus apocalyptique et moins apaisé que l'estonien, Perutz possède cependant des qualités similaires : le fantastique y est accepté, et non combattu, l'humour est présent et parfois même gouailleur (surtout dans "La nuit sur le pont de pierre"), malgré l'horreur et le côté franchement plus noir de l'autrichien, leurs préoccupations sont proches : le juste et l'injuste, la vanité permanente de l'être humain, le piège des apparences, le diable et les démons qui marchent à nos côtés, le tragique de la condition humaine, "la souveraine valeur du terroir, les révélations et les pièges du monde spirituel",...On peut y ajouter quelques corrélations niveau stylistique : le côté picaresque et romantique des romans, "où l’action et l’humour sont empreints d’une subtile mélancolie", la narration à mi-chemin entre le réalisme et le conte, la permanente ambiguïté entre réalité et illusion, mensonge et vérité, sentiments réels et impostures improbables,...Perutz est volontiers plus sombre que Kivirähk, l'humain y est plus souvent victime tragique que chez l'estonien, mais c'est une lecture tout aussi enthousiasmante et fascinante.Toutes les citations entre guillemets sont de Gilbert Millet et Alain Delbe, sauf les deux dernières qui sont de Francis Berthelot