Je n'ai pas encore lu Enfants de la Terre et du Ciel, mais les deux premiers (chronologiquement) oui, donc je vais répondre là-dessus.
Déjà, je sais pas si ça va être un point pour ou contre, mais la trilogie qui commence (chronologiquement) avec Comme un Diamant dans ma Mémoire se situe dans le même univers analogue au notre que Les Lions d'Al-Rassan. Donc il y a les mêmes recoupements géographiques et religieux.
Cependant (du moins sur les deux premiers tomes), les personnages sont un peu moins pris dans des grands événements historiques. Il reste des correspondances entre des personnes fictifs et historiques et il y a aussi des événements analogues, mais (du moins c'est ce que j'ai ressenti), on a moins en tête le fait que ce soit un analogue de "notre" histoire.
Et c'est renforcé par le fait que, surtout Comme un Diamant dans ma Mémoire, les livres sont aussi plus introspectifs. On est plus dans la tête des personnages et ce que l'on voit par leur yeux est moins immédiatement référencé dans notre histoire (ça l'est toujours bien sûr, mais sur des événements moins saillants que ce qui a été appelé bien plus tard la "Reconquista" en Espagne).
Donc je pense que si ce qui mitige ton avis sur Les Lions d'Al-Rassan c'est "pourquoi avoir fait un univers fictif aussi proche de notre histoire", ce sera moins prégnant avec ses livres plus récents.
Et pour rebondir sur la pertinence plus large de créer des univers fictifs mais analogues et proches du notre, il y a aussi le fait que cela donne une liberté de mettre des éléments de fantasy/surnaturel dans les histoires, là où la notre n'en a pas haha. Alors ces éléments restent assez discrets (comme dans les Lions d'Al Rassan), mais sont bien présents. Sur ce point, j'avais été un peu destabilisé de leur (relative) prééminence dans le dyptique de Sarance, surtout le premier tome.
Critique ! [Comme un diamant dans ma mémoire - G.G. Kay]
- Quitertlan
- Sedai
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Re: Critique ! [Comme un diamant dans ma mémoire - G.G. Kay]
Merci pour ton avis !
je sens que je vais finir par me laisser tenter
je sens que je vais finir par me laisser tenter
Re: Critique ! [Comme un diamant dans ma mémoire - G.G. Kay]
Alors voilà, je viens de finir Comme un diamant dans ma mémoire.
Un beau récit, dans une Italie de la Renaissance qui ne dit pas son nom mais qui est bien rendue, que ce soit dans la violence des rapports humains, les rivalités sordides de la politique, etc. Une floppée de personnages marquants, et pas seulement les principaux, tous sont vivants, c'est remarquable.
Mais je reste avec deux petites critiques.
La première, c'est l'abus de prolepse (du moins à mon goût). Le narrateur écrit bien des années après les faits, et régulièrement il y va de sa touche nostalgique ou rétro-prédictive créant une tension artificielle. Dès les premières pages : "je me souviens très bien de cette nuit d'automne. Le contraire serait étonnant, étant donné que ce sont ces heures qui me lancèrent sur un autre chemin que celui où je me croyais engagé." L'effet probablement escompté est atteint (un homme mûr qui se rend compte de la fragilité du destin qu'il n'a pas perçue dans sa jeunesse). Mais il baigne le roman dans une ambiance nostalgique finalement un peu pesante, et parfois un peu artificielle. Ce narrateur s'interrompt toujours au bon moment pour, sous couvert de réflexions mélancoliques, faire des allusions mystérieuses aux faits que l'on va découvrir dans la suite du récit.
La deuxième, ma foi, c'est celle que j'ai déjà exprimée plus haut. L'Italie de la Renaissance, on la voit bien, chaque ville est reconnaissable, jusque dans ses traditions sportives ou l'origine sociale de ses dirigeants. La postface finit de préciser les correspondances entre nos deux condottieres fictifs et les personnages historiques. La transposition est presque parfaite et la part du fantastique quasi inexistante (et à vrai dire cette absence n'enlève rien au plaisir de la lecture)... Et donc, à quoi bon ? Avec cette transposition, l'auteur me prive de ce petit frisson que crée la petite histoire dans la grande Histoire, qui donne envie d'en savoir plus sur cette dernière, sur un monde réel dont l'auteur ne parviendra pas à reconstruire l'équivalent à travers ses romans, malgré l'ampleur de son oeuvre et malgré tout son talent. Décidément, dans cette veine, je préfère vraiment le Michel Pagel du Roi d'Août (du côté fantastique) ou bien le Robert Harris de Imperator, "D", ou Les Régicides (du côté historique). Mais j'avoue qu'il s'agit d'une question de goût personnel.
Un beau récit, dans une Italie de la Renaissance qui ne dit pas son nom mais qui est bien rendue, que ce soit dans la violence des rapports humains, les rivalités sordides de la politique, etc. Une floppée de personnages marquants, et pas seulement les principaux, tous sont vivants, c'est remarquable.
Mais je reste avec deux petites critiques.
La première, c'est l'abus de prolepse (du moins à mon goût). Le narrateur écrit bien des années après les faits, et régulièrement il y va de sa touche nostalgique ou rétro-prédictive créant une tension artificielle. Dès les premières pages : "je me souviens très bien de cette nuit d'automne. Le contraire serait étonnant, étant donné que ce sont ces heures qui me lancèrent sur un autre chemin que celui où je me croyais engagé." L'effet probablement escompté est atteint (un homme mûr qui se rend compte de la fragilité du destin qu'il n'a pas perçue dans sa jeunesse). Mais il baigne le roman dans une ambiance nostalgique finalement un peu pesante, et parfois un peu artificielle. Ce narrateur s'interrompt toujours au bon moment pour, sous couvert de réflexions mélancoliques, faire des allusions mystérieuses aux faits que l'on va découvrir dans la suite du récit.
La deuxième, ma foi, c'est celle que j'ai déjà exprimée plus haut. L'Italie de la Renaissance, on la voit bien, chaque ville est reconnaissable, jusque dans ses traditions sportives ou l'origine sociale de ses dirigeants. La postface finit de préciser les correspondances entre nos deux condottieres fictifs et les personnages historiques. La transposition est presque parfaite et la part du fantastique quasi inexistante (et à vrai dire cette absence n'enlève rien au plaisir de la lecture)... Et donc, à quoi bon ? Avec cette transposition, l'auteur me prive de ce petit frisson que crée la petite histoire dans la grande Histoire, qui donne envie d'en savoir plus sur cette dernière, sur un monde réel dont l'auteur ne parviendra pas à reconstruire l'équivalent à travers ses romans, malgré l'ampleur de son oeuvre et malgré tout son talent. Décidément, dans cette veine, je préfère vraiment le Michel Pagel du Roi d'Août (du côté fantastique) ou bien le Robert Harris de Imperator, "D", ou Les Régicides (du côté historique). Mais j'avoue qu'il s'agit d'une question de goût personnel.