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Posté : mar. 10 août 2010 13:39
par Dark Schneider
C'est clair. En revanche, je rajoutterai quand même que l'aspect fantasy est vraiment très dilué...en fait je n'ai jamais vraiment eu l'impression de lire de la fantasy en lisant le TDF. Ca me donne beaucoup plus l'impression d'un roman historique situé dans un moyen-âge fictif fantasmé.
Posté : mar. 10 août 2010 20:10
par tonio50500
Altaïr a écrit :tonio50500 a écrit :Oï ! J'ai acheté le premier tome du trone de fer (intégrale chez j'ai lu), qui est d'ailleurs très plaisant à "regarder" pour le moment (je n'ai pas commencé la lecture), belle couverture, roman non découpé etc.. bref ca s'annonce bien.Toutefois j'espere ne pas être trop décu ! Car en regardant certains résumés, certaines illustrations, et aussi la pré-quelle qui est sortie chez Millady j'ai peur que le trone de fer ne soit pas à mon goût. Ce n'est pas trop chevaleresque, damoiseau, etc? Déja la partie tournoi de la pré-quelle ne me plait pas du tout. Genre le bon et preux chevalier qui fait le beau pour conquérir le coeur de la belle demoiselle, ca me repousse plus qu'autre chose. Et j'ai aussi peur que ca soit comme certains telefilms completement bidons sur l'epoque "moyen-age", et pas vraiment de la Fantasy... Quelqu'un pourrait il me rassurer

" ou me donner d'autres avis? Pour finir j'espere que ca ne ressemble pas à l'assassin royal car Fitz et moi ca fait ... pfiou !! Merci !!!
Si tu n'aimes pas le côté "chevaleresque et damoiseau", certains passages du trône de fer devraient te sembler jouissif, notamment tout le parcours de Sansa Stark... je n'aime pas moi non plus l'assassin royal, ne t'inquiète pas le trône de fer n'y ressemble pas (sauf peut-être les chapitres de Jon).
C'est marrant, car a l'heure actuelle (200 pages de lecture) c'est le personnage que j'aime le plus, avec Ned.
Altaïr a écrit :Le monde du trône de fer, c'est un monde médiéval très cru et réaliste, noir et violent, mâtiné d'une touche de fantasy discrète au début, mais qui prend de plus en plus d'importance par la suite. Rien n'a l'air "bidon" dedans... Ceux qui n'aiment pas lui reprochent plutôt sa noirceur ou la lenteur de son intrigue globale (et sa fin en suspens, œuf course

). Mais pas son côté bon enfant, ça non c'est sûr

Pour le moment c'est justement le seul petit bémol à mon début de lecture du tdf : y'a pas beaucoup de "fantasy", mais ca à l'air de se mettre gentillement en place
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je viens d'ailleurs de lire le passage avec la bataille de Bief où les 3 dragons ont été lachés simultanément, etc... Et j'espere que l'aspect mythique et donc fantasique va se développer avec Jon et son oncle (me rappelle plus du nom) dans les quêtes au delà du mur. Car pour le moment ma premiere impression est que d'un coté on va avoir de la politique, des coups dans le dos, des assassinats, trahison et tout le blabla autour du trone de fer, et de l'autre l'aspect vraiment FANTASY avec des êtres un peu sortis des ténèbres, avec de la magie... avec Jon de l'autre coté du mur. Donc j'attends vraiment de voir comment tout ca va se mettre en place, et j'espere ne pas être décu. (l'aspect politique risque de peut etre "m'enerver" un peu (c'est un bien grand mot toutefois), donc j'espere vraiment que ca va bouger de l'autre coté du mur !
Posté : mar. 10 août 2010 20:30
par erendisse
Jon, Ned et Arya! Mes trois préférés! Ah oui et Bran aussi! j'étais horrifiée au passage où
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il se fait pousser dans le vide
! C'est vrai que le côté fantasy est minime pour l'instant mais ça ne me déplaît pas personnellement... j'ai toujours la Roue du Temps si ça me manque!

C'est justement le côté important pour moi dans ce cycle, c'est que ce n'est que politique, guerres, jeux de pouvoirs, etc...
Posté : mar. 10 août 2010 22:32
par Dark Schneider
Bah désolé mais quoi qu'on en dise le côté fantasy reste très minime jusqu'au dernier tome actuel (même si les éléments fantasy sont cause de beaucoup d'enjeu).
Posté : mar. 10 août 2010 22:47
par Zakath Nath
Je ne trouve pas que ce soit si minime que ça. On a un monde où les saisons peuvent durer plusieurs années de façon inégale, des morts-vivants dès le prologue, du côté de Daenerys, en plus des dragons, il y a pas mal de magie (quand elle essaie de guérir son mari à la fin du tome 1, quand elle visite la maison bizarre dont j'ai oublié le nom dans le tome 2 ou 3), on croise des géants, certains personnages ont un lien particulier avec leur direwolf, etc.Alors certes, on n'a pas de personnages aux pouvoirs magiques tout puissants qui balancent des boules de feu tous les quatre chapitres, mais à mon avis l'aspect fantasy est quand même bien présent tout au long de l'histoire. Nettement plus en tout cas que dans certains romans de Guy Gavriel Kay comme Les Lions d'Al-Rassan ou La Mosaïque de Sarance.Finalement, c'est du très classique "alors que les hommes se disputent, une sombre menace millénaire s'éveille, mais heureusement, on a une prophétie". L'aspect intrigue de cour très prononcé cache ça mieux que d'habitude, c'est certain.
Posté : mar. 10 août 2010 23:30
par Dark Schneider
C'est vrai. Mais d'un côté quand je lis les post de Tonio j'ai vraiment l'impression qu'il attend beaucoup plus que ça niveau fantasy, et à mon avis il sera loin du compte.
Posté : mer. 11 août 2010 09:19
par Guigz
Le côté fantasy est certes plus "diffus", il n'y a pas un sorcier à chaque détour de couloir mais il est tout de même présent dans le tdf, c'est indéniable. Chaque maison/faction a un moment affaire à un ou plusieurs élément(s) surnaturel(s).
Posté : mer. 11 août 2010 10:20
par Altaïr
ça fait partie des choses que j'aime beaucoup dans le trone de fer... les histoires de magicien m'ennuient, celles de luttes de pouvoir me passionnent !Cela dit ce qui est assez fort dans le trône de fer, c'est qu'on a l'impression qu'il y a peu d'aspects magiques ou fantastiques, mais pourtant sans eux les enjeux ne seraient plus du tout les mêmes, si on y réfléchit quelques instants. Les histoires de succession au trône de fer auraient-elles la même importance s'il n'y avait la menace d'un hiver imminent ? Que seraient les Targaryens sans leurs dragons ? Et les Stark sans leurs loups ? Que serait le roman sans le mur, sans les Autres ? (les morts-vivants on aurait pu s'en passer, à mon goût)J'aime beaucoup la manière dont Martin imprègne ses livres de légendes anciennes (ah, ce chapitre brillant de la rencontre de Bran et Sam, où Bran repense à toutes les histoires truculentes que lui racontait la vieille Nan !)), les arbres coeurs et les forêts sacrées sont des images fascinantes et poétiques, la manière dont Stannis utilise la magie à des fins politiques est assez subtile, et puis il y a tous les mystères autour des enfants de la forêt, des populations des marais, l'acier valyrien...Au niveau des personnages, au début aussi j'aimais beaucoup Jon, mais j'étais jeune alors

... maintenant il me gonfle plutôt, c'est vraiment le héros "loyal bon" par excellence, heureusement pas trop boyscout, mais il a moins de relief que les autres héros du roman, en tous cas pour le moment. En plus au point ou on en arrive, avec sa tenue noire, son loup blanc, sa balafre, c'est un peu devenu "l'albator du mur", un personnage "cool" pour midinette... à la relecture j'ai été bien plus captivée par le destin de son demi-frère Robb Stark, surtout dans le tome 3 (pour l'épisode que l'on sait bien sûr, mais aussi ses démélés avec les Karstark, sa "romance" malheureuse... *essaie de ne pas spoiler*).Mais il y a vraiment beaucoup de personnages que j'adore suivre sinon... Ned, bien sûr, et Arya, Tyrion, mais aussi Sansa (maintenant qu'on commence à entr'apercevoir ce que Martin a en tête pur elle, son parcours prend un tout autre relief), Jaime... Mais pas Dany ni Jon, ceux-là me rasent plus qu'autre chose.
Posté : mer. 11 août 2010 11:50
par Witch
Et pourvu que ceux qui n'ont pas encore lu tous les tomes ne viennent pas sur ce fil

Posté : mer. 11 août 2010 11:57
par Dark Schneider
Ouais c'est vrai qu'à force Jon devient lassant même s'il n'est pas non plus ultra lisse. Je préfère Samwell également, et Sansa bien sur (bien plus que sa soeur totalement névrosé).Par contre, je ne comprends pas que tu cite Robb, surtout en comparaison avec Jon. C'est vraiment pour moi le personnage fade par excellence, sans relief, stéréotypé.
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ce qui explique d'ailleurs pourquoi il n'a jamais été qu'un personnage secondaire - c'est à dire qu'il n'a pas de chapitre point de vue - et que Martin l'ait finalement zigouillé. Et franchement, si le chapitre des noces pourpres est magistral, la mort de Robb ne m'a pas surpris, ça se sentait qu'il allait y passer, par contre Catelyn, c'est une autre histoire.
Posté : mer. 11 août 2010 14:04
par Altaïr
Au sujet de Robb... je ne suis pas d'accord du tout sur le fait que ce soit un personnage secondaire ! Il n'est jamais en "point de vue", mais Littlefinger ou Tywin non plus, ce qui ne les empêche pas d'être de tout premier rang ! Et son histoire occupe quand même une bonne partie des pages du trône de fer...
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Robb pour moi c'est le héros tragique par excellence ! Paré en apparence des plus grandes qualités, il n'en glisse pas moins petit à petit vers le désastre : il perd sa guerre en n'ayant pourtant perdu aucune bataille, en se laissant dépasser par ses alliés et son sens de l'honneur... sa mère libère son plus gros otage, son oncle croyant bien faire le fout dans une merde noire, il est obligé de condamner à mort un allié fidèle et cousin pour des questions d'honneur, et, toujours pour des questions d'honneur, de rompre des fiançailles avec les conséquences politiques que l'on sait... sans compter le traitre de service, mais ça, bon, il n'aurait jamais pu avoir de prise sur Roose Bolton.Franchement, son mariage, le chapitre où il décapite Karstark, les noces pourpres, et l'image de son cadavre exposé avec la tête de son loup à la place de la sienne, au niveau dramaturgie ça m'a vraiment remué. Martin réussit à nous faire sentir qu'avec un peu plus de maturité politique il aurait pu réussir dans son entreprise et être un grand homme... et que c'est finalement son jeune age qui l'a rattrapé, et, finalement, tué.En première lecture, je n'aimais pas plus que ça ce jeune surdoué à qui tout semble trop bien réussir, trop facilement, en tous cas au début. Et puis, un peu comme pour Ned, à la relecture on voit mieux comment il creuse petit à petit sa tombe, et qu'il n'est finalement pas si lisse que ça - qu'il se force à endosser son rôle de chef par devoir mais qu'au fond il aspirerait à autre chose. Ca le rend extrêmement intéressant, et attachant - à mes yeux tout du moins

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Posté : mer. 11 août 2010 20:19
par Zakath Nath
Exactement pareil, Robb ne m'avait pas du tout marqué à la première lecture, mais à la seconde, je les trouve, lui et son parcours, bien plus intéressant, alors que Jon me passionne de moins en moins. Martin nous réserve peut-être une surprise de son cru, mais pour l'instant c'est vraiment le héros classique qui part de rien et qui s'élève, chaque fois qu'il tombe sur une épreuve quelconque il en ressort plus fort... À côté des autres personnages, ça tranche un peu trop.
Posté : mer. 11 août 2010 20:56
par Dark Schneider
Faudra un jour que je relise ce livre que j'ai grosso modo découvert au fil des publications française, donc tout ça commence à sacrément dater. Cela dit, je ne suis pas trop d'accord avec vous. Il est vrai évidemment que des persos sans "point de vue" sont capitaux dans l'histoire et l'intrigue. Mais il n'empêche que les persos réellement complexe de l'intrigue sont ceux qui ont des "points de vue". Logique : les points de vue permettent de creuser la personnalité et la psychologie d'un personnage. La seule exception que je vois c'est le Limier (et aussi à l'inverse les persos qui n'ont qu'un ou deux chapitre point de vue pour l'instant, les seigneurs de dorne par exemple).
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Tiwyn par exemple, est un personnage assez archétypal, c'est l'homme de poigne par excellence, il mène ses troupes d'une main de fer, dont la fin justifie les moyens, mais il n'est pas vraiment ambivalent ni torturé, rien à voir avec ses 3 rejetons. Littlefinger c'est le pervers manipulateur et narcissique. Et c'est pareil pour Robb. C'est la figure typique du chevalier à la française, qui met l'honneur avant toute chose, quitte à le conduire a sa perte. Robb meurt car dans le monde de la guerre du trône de fer il y a peu de place pour les hommes d'honneur et de droiture. On le sait depuis le décès de Ned. Ca reste un archétype. Que son destin soit tragique ou pas ni change rien en fait. Je le trouve vraiment fade en comparaison des autres personnages tellement plus haut en couleurs et ambigue. Et puis le suivre systématiquement dans les jupons de sa mère, j'avoue ça m'avait un peu saoulé. Même Jon, qui est le perso qui se rapproche le plus effectivement de certains clichés de fantasy n'est pas non plus parfait, tout son passage chez les sauvageons va à l'encontre de ses principes de fidélité à la garde de nuit.
Posté : mer. 11 août 2010 21:12
par Evrach
Si tu n'as vu en Tywin qu'un homme de poigne archétypal, en Robb, un chevalier honorable et en Littlefinger un pervers manipulateur sans voir toutes les nuances derrière, alors oui, 'il est temps que tu relises je pense. Ce n'est pas parce qu'on ne voit pas un personnage via son PoV que sa psychologie n'est pas développée. Elle est juste moins évidente à lire.
Posté : mer. 11 août 2010 23:15
par Dark Schneider
C'est bien d'avancée des choses. Encore faut-il les étayer. Donc j'attends un peu plus d'éléments de ta part à propos de ces nuances qui permettraient d'avancées que les personnages cités ne sont pas les archétypes que j'ai énoncé.
Posté : jeu. 12 août 2010 01:00
par Evrach
Dark Schneider a écrit :C'est bien d'avancer des choses. Encore faut-il les étayer. Donc j'attends un peu plus d'éléments de ta part à propos de ces nuances qui permettraient d'avancer que les personnages cités ne sont pas les archétypes que j'ai énoncé.
Mon temps est précieux, alors je n'en ferais qu'un. Disons Tywin puisque c'est par lui que tu commences. Tu le décris comme un meneur d'homme dont la fin justifie les moyens. Ce qui est vrai bien entendu, mais il n'est pas que ça, et en faire une caricature du meneur d'homme froid sans ambivalence ni psychologie derrière serait une gageure.
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Pour le petit rappel historique. Remontons au père de Tywin, lord Tytos. Lord Tytos était un seigneur incompétent affable et faible, raillé par ses vassaux les plus puissants et qui n'osait s'attirer l'inimité des autres maisons. Tywin n'avait pas le choix, pour grandir en acquérant du respect, il fallait qu'il fasse disparaitre l'ombre de ce père. Leur relation père-fils est à rapprocher grandement de la même relation qui lie Tywin à Tyrion où Tyrion essaye par même de grandir en sortant de l'ombre d'un père cette fois trop compétent. Mais là on s'éloigne du sujet.Tywin s'oppose une première fois sans succès à son père lorsque ce dernier cède aux pressions de Walder Frey et donne la main de Genna à ser Emmon, faisant par là montre d'un courage et d'un sens des réalités déjà fort aguerri. Il prend plusieurs fois parti contre les décisions de son père, en particulier lors de la rébellion d'Elyn Tarbeck, mais chaque fois sans succès. Il en conçoit énormément d'amertume. Il se sait meilleur gestionnaire et bien plus compétent que son père et pourtant ce dernier n'écoute aucun de ses avis et conseils, ainsi il ne peut trouver l'approbation de son père qu'en lui prouvent "de facto" que c'est lui qui avait raison. Le paradoxe dans cette affaire veut que malheureusement, Tywin ne pourra prouver à son père qu'il avait raison qu'après la mort de celui-ci quand il lui succédera. En attendant, las d'être déconsidéré chez lui, Tywin part pour la capitale où son ami d'enfance Aerys II vient d'être couronné roi à seulement 19 ans. Roi jeune et prometteur, entouré de conseillers vieillissant, Aerys veut rajeunir la cour, et Tywin a déjà montré à plusieurs reprises qu'il avait "des couilles" politiquement parlant et qu'il était très compétent. Aerys fait de lui sa Main, rôle dans lequel il se lance à fond et avec un succès florissant, prouvant à ce père qu'il méprise qu'il est un dirigeant capable et puissant, en dirigeant le royaume à défaut de diriger l'Ouest.Finalement, lord Tytos meurt. Obèse, peut enclin à l'exercice, il fait un infarctus alors qu'il court rejoindre la prostituée qu'il avait prise pour maîtresse. Cette dernière fait d'ailleurs main basse sur les bijoux de la mère de Tywin et ce dernier en conserve une compréhensible rancœur à l'endroit des prostituées qui transparait nettement dans sa relation avec Tyrion. Dès la mort de son père, Tywin s'empresse de redorer le blason de la maison Lannister, notamment en réduisant en cendres les maisons Reyne et Tarbeck.Tywin maintient un pouvoir ferme et de poigne sur l'Ouest, non par plaisir, mais par nécessité. Il a besoin que la maison Lannister soit à nouveau considérée comme politiquement puissante après plus de vingt ans passé au ban du royaume. Il sait qu'au moindre signe de faiblesse, les vassaux si rétifs qui raillaient son père pourront se retourner contre lui et que le meilleur moyen de maintenir paix et puissance dans un contexte pareil est la poigne. (On peut à ce titre faire une petite parenthèse et remarquer la différence marquée entre les deux rivaux militaire, Tywin et Robb Stark, le premier cherchant à s'accomplir en se sortant de l'ombre de son père en agissant de manière totalement opposé, et l'autre cherchant à s'accomplir en se sortant de l'ombre de son père en suivant la même voie mais en mieux. Ce qui d'un point de vue de l'analyse littéraire de l'œuvre est loin d'être anecdotique.).Mais cette réussite ne plait pas à tout le monde et le roi commence à se méfier de lui. Grandes et petites gens gens du royaume, tous savent et disent que c'est Tywin, et non Aerys qui gouverne en réalité. La schizophrénie et la paranoïa d'Aerys débutent vers cette époque, et Tywin est obligé de le suppléer sur le trône de plus en plus souvent pour régler les affaires courantes. Aerys commence à trouver la popularité de Tywin gênante (et décide par exemple de traiter certaines affaires importantes sans lui, ce qui aboutira à la tragédie de Sombreval, mais ça c'est un peu hors-sujet). Ainsi en 276, alors qu'il est Main du Roi depuis 15 ans, la Main la plus efficace et reconnue, leader d'une des plus grandes maisons du royaume, chef militaire hautement craint et respecté, et meilleur ami du souverain, Tywin propose au roi la main de Cersei pour Rhaegar, son fils. Jaloux de sa notoriété, le roi lui refuse publiquement de façon particulièrement humiliante, le renvoyant à sa position de simple serviteur, chose qui renvoie Tywin à son enfance et à la façon dont son père ignorait ses remarques et conseils. Il digère très mal la chose et l'amitié entre les deux hommes est consommée. Finalement ce sont les petites intrigues de Cersei pour faire venir son frère à la cour en le faisant nommer membre de la Garde Royale qui auront raison de la charge de Main du Roi de Tywin, Aerys prenant foutrement plaisir à priver lord Tywin de son héritier.Parallèlement à ça, un événement d'une importance cruciale a lieu dans la vie personnelle de Tywin. Sa femme Joanna, qu'il aimait du plus profond de son cœur, meurt en mettant au monde une sorte de monstre. Punition des dieux pour un homme qui s'est élevé plus haut que sa condition dit le peuple. Tywin rumine. Tyrion s'avérera un fils plus que décevant. De condition physique plus que médiocre, son goût pour les futilités, son absence de sens martial, sa nonchalance et son goût pour les prostituées... Tout en Tyrion rappelle à Tywin son père, avec pour circonstance aggravante le fait d'être un nain difforme. Tywin voue une admiration sans borne à son aîné, Jaime, qui transparait largement dans les premiers tomes, et dans la décision tardive des Lannister à rallier la rébellion de Robert. Jaime incarne tout ce que le successeur de Tywin doit être. Imposant, de port royal, courageux, stratège et meneur d'homme accompli, tout ce qu'il faut pour prendre dignement la succession de la lignée Lannister et faire définitivement oublier l'ère des lions édentés. Tyrion en est tout l'opposé, et même si Tyrion a des compétences bien plus étendues que Jaime quant à la gestion d'un royaume, ou d'une guerre, Tywin ne le reconnaitra jamais, même quand sa propre sœur, lady Genna, lui fera remarquer que Tyrion lui ressemble au final bien plus que Jaime au niveau caractère.L'entrée de Jaime dans le Garde Royale l'empêche d'hériter, et c'est donc Tyrion qui se retrouve héritier du Roc. Cela, Tywin ne peut le supporter, il démissionne et se retire. Il mettra cet aspect de côté, la rébellion de Robert et sa montée sur le trône lui permettant de participer d'une autre façon au renforcement de la maison Lannister, en mariant Cersei à Robert, et en foutant son petit-fils sur le trône, prenant ainsi sa revanche sur Aerys.Tywin est un homme à poigne par nécessité comme par nature, mais il n'est pas que ça. Il a ses démons, sa psychologie, ses ambivalences. Il aurait pu faire tuer Tyrion et régler le problème. Il aurait pu se remarier et engendrer un autre héritier légitime en envoyant Tyrion au Mur comme le fait Randyll Tarly de son Samwell. Au final Tywin se résout tant bien que mal à "éduquer" son nabot de fils, certes à sa façon dure et sans pitié (cf les épisodes avec Tysha et autres joyeusetés), partagé entre le dégoût de ce fils qui lui rappelle tant son inconséquent de père et la réalité qui fait de Tyrion son héritier et la seule façon pour lui de perpétuer non seulement sa lignée, mais surtout celle de sa défunte et tendrement aimée épouse.Au final Tywin est victime de sa trop grande compétence. Déçu par ses trois enfants (Cersei qui se montre incapable de faire de Joffrey un roi décent et lui refuse les remariages proposés, Jaime qui préfère sa charge de lord Commandant de la Garde Royale, et Tyrion... Tyrion quoi), il est l'incarnation même de la puissance des Lannister qui n'était rien avant lui, et n'est plus rien après lui comme cela transparait clairement dans Feast avec le déclin croissant orchestré par Cersei.Loin du dirigeant compétent, capable et sans-cœur qu'il peut paraître à la première lecture, Tywin est un personnage tout en nuances, nuances aussi subtiles à déceler que déceler la joie en lui vu qu'il ne sourit jamais.Ce n'est pas un PoV, moins facile donc de s'y attacher où de comprendre le personnage en entier au premier abord, mais le reléguer à un archétype de personnage sans nuance est une gageure assez grotesque, Tywin étant le centre de plusieurs grandes thématiques littéraires présentes au sein de l'œuvre telles que rapport de l'homme au pouvoir, les relations père-fils ou la perpétuation de l'héritage familial. Il est haut en couleur, jamais caricatural, rarement prévisible, très bien écrit... j'ai franchement du mal à voir comment on peut ne voir en lui que l'archétype d'un homme de poigne sans chercher plus loin dans sa psyché et ses motivations. Pour Tywin la fin justifie les moyens en effet, ça je pense que n'importe qui peut le dire, en particulier ceux qui sont morts pendant les Noces Pourpres (et encore, comme il le dit lui même, en quoi est-ce moins noble de tuer 30 clampins à table que 10,000 sur le champ de bataille ?), mais l'important quand on veut analyser un peu plus que superficiellement, c'est de s'intéresser à quelle est sa "fin" justement, quel est son but et pourquoi. Et là on se rend compte qu'avec un auteur aussi perfectionniste que Martin (pas pour rien qu'on l'attend notre DWD), rien n'est jamais si simpliste qu'il ne peut y paraître à première vue quand on aborde une chose aussi subtile noyée dans une masse aussi énorme d'informations qu'est la saga.
Merci d'avoir pris la peine de lire jusqu'au bout.
Posté : jeu. 12 août 2010 09:59
par Altaïr
Je vais avoir du mal à passer après l'analyse d'Evrach, mais bon :)Pour Littlefinger, on en sait encore trop peu sur ses desseins pour pouvoir vraiment juger le personnage, mais Robb, je ne vois même pas comment on peut le voir en "chevalier honorable"... Certes, il a de l'honneur à revendre, trop sans doute, mais avec son loup et sa rude armée du nord, l'image qu'il dégage pour moi est plus celle d'un guerrier rugueux que celle d'une chevalier de roman courtois qui parade dans les tournois. Jon, on l'a déjà dit, est le héros type à qui tout réussit, et qui est paré de toutes les qualités ou presque, hormis une arrogance qui d'ailleurs lui passe très vite. Ses chapitres passionnent en première lecture parce qu'ils sont l'occasion de découvrir le mur et ce qui se passe au-delà, mais à la relecture le personnage parait assez fade.Robb, en revanche, est bien plus nuancé que ça...
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certes, c'est un général de bataille surdoué et invaincu. Mais au niveau politique ? On peut lui pardonner facilement de ne pas avoir vu venir la trahison de Roose Bolton. Mais la rupture de sa promesse de fiançailles ? l'évasion de son plus précieux otage ? l'éxecution "pour le principe" d'un allié fidèle ? Les erreurs stratégiques de son oncle ? Le manque d'importance qu'il accorde à ses soeurs captives ? Le fait que tout aille de mal en pis à partir d'un certain moment est pour moi symptomatique de ce qu'on nomme une "mauvaise gestion des risques" (désolée pour ce jargon de gestion de projet, je ne trouve pas meilleur terme

). Robb est loin d'être infaillible, et avec plus de maturité, il aurait dû pouvoir mieux profiter de son avantage quand il l'avait. Il essaie de reproduire l'exemple de son père, mais finalement échoue (comme son père, diront les mauvaises langues).Au niveau du caractère, il est également loin d'être lisse. Personnellement, l'exécution de lord Karstark, cousin et allié fidèle qui a "pété les plombs" pour des raisons plus que compréhensibles, me reste en travers de la gorge (enfin je me comprends, je trouve le passage poignant et grandiose), mais eu égard à mes convictions j'ai du mal à trouver une exécution capitale incontestablement "honorable". ça rend à mes yeux Robb très ambigü. Et, surtout, Martin nous fait bien sentir à travers les yeux de sa mère qu'il n'endosse son rôle de chef que par devoir et un peu poussé par les évènements (il n'a pas vraiment choisi d'être roi du nord), mais que ce n'est qu'un jeune homme écrasé par les responsabilités, et qui aspirerait au fond à une jeunesse "normale" (il ne sourit que lorsqu'il discute avec les Ouestrelin).Et puis, bien sûr, sa fin grandiose parachève l'édifice concocté par Martin
Bref, Robb est loin d'être un personnage mineur et monolithique.
Posté : jeu. 12 août 2010 10:11
par Dark Schneider
Bah en tout cas, tu ne fais pas les choses à moitié. Ton temps est précieux et tu l'utilises bien. Bon, merci de m'avoir convaincu d'acheter le 1er intégral, comme je l'ai dit, mes souvenirs des 1ers tomes commencent à être un peu flou en dehors des grands évenements.Par contre, tout ce que tu dis sur le père de Tywin ne me rapelle pas grand chose : c'est disséminé ça et là dans le bouquin où c'est dans les appendices et préquelles que je n'ai pas lut? J'avais un peu trop évacué la mort de la mère de Tyrion, tu as bien fait de le rapeller (ainsi que sa considération des prostitués). Il est clair que pour Tiwyn, je me suis bien planté. Y'a aussi sans doute des choses qui m'ont échappée sur Littlefinger. Par contre pour Robb, j'ai beau me creuser les méninges et ressasser son passé, aidé en cela par le post d'Altaïr, j'ai du mal à faire sortir le personnage d'une figure classique du chevalier romantique au destin tragique...faut dire aussi que c'est un personnage très jeune. Un pavé à son sujet? Ps : je vais parcourir un peu plus en profondeur le wiki de la garde de nuit, je ne l'avais que survolé jusqu'à présent pour me rémémorer des événements. Je crois que je vais complètement le décortiquer, d'autant que le boulot n'est pas très chargé en ce moment.
Posté : jeu. 12 août 2010 11:03
par Altaïr
Par contre, tout ce que tu dis sur le père de Tywin ne me rapelle pas grand chose : c'est disséminé ça et là dans le bouquin où c'est dans les appendices et préquelles que je n'ai pas lut?
Pour Tywin tu as tout un passage où son frère Kevan prend sa défense face à Tyrion, dans le tome 3 je crois, qui comprend beaucoup d'informations sur son passé et qui d'un coup te fait voir le personnage différemment (Tyrion est notamment très surpris de découvrir l'affection que Kevan a pour Tywin, comme si pour lui (comme pour le lecteur ?) il était impossible d'imaginer quelqu'un s'attacher à son père...). La plupart des infos relatives à ses relations avec son père, sa femme et Aerys sont dans ce dialogue si je me souviens bien.
Posté : jeu. 12 août 2010 12:34
par turim
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En effet pour Tywin je n'avais pas vu tout ca même si j'en avais sentis plusieurs points.Par contre Robb fait de très nombreuses erreurs qui lui ont été fatales. (Surtout le coup du mariage alors que tout le monde le préviens.)