Re: Le prix des livres

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Je suis un peu surpris en lisant les articles que l'aide du titre soit en fait une taxe.

J'aime les livres (c'est d'ailleurs pour cela que je suis sur la forum) mais je ne suis pas convaincu que ce soit la meilleure solution. Je n'ai pas la solution miracle à leur proposer mais je ne suis pas sûr que ce soit une solution perenne.

Re: Le prix des livres

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durthu a écrit : ven. 12 juin 2026 23:30J'aime les livres (c'est d'ailleurs pour cela que je suis sur la forum) mais je ne suis pas convaincu que ce soit la meilleure solution. Je n'ai pas la solution miracle à leur proposer mais je ne suis pas sûr que ce soit une solution perenne.
Je vais poser ici : pourquoi sauverait-on les librairies ?
Y'a 0 ironie dans ma question et ça fait des années que je suis en porte-à-faux.

Si on me dit qu'il faut faire pour la Culture / l'Art, je suis intéressé·e, mais les librairies distribuent de la culture, elles n'en fabriquent pas : ce sont des commerces capitalistes et, s'ils ne sont plus rentables, pourquoi faudrait-il les sauver ?
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Re: Le prix des livres

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"pourquoi sauverait-on les librairies ?".
Cette question, et toutes celles qui devraient en être la suite logique, pourrait tout aussi bien s'appliquer aux auteurs et autrices. Pour quelle raison les livres devraient-ils être vendus ? À partir de quelle époque un auteur, une autrice a-t-il considéré que son oeuvre était un bien marchand et non un don à l'humanité - ou à un petit groupe d'initiés ? De quel processus l'auto-édition est-elle l'aboutissement ? Quelle valeur accordée à un auteur ou autrice qui ne rencontre aucun succès commercial dans le cadre d'une économie capitaliste ? Toutes ces questions renvoient à une circularité logique qui est celle du capitalisme moderne et de sa définition de la valeur. Toutes les librairies ne sont pas des entreprises d'accumulation du capital et leur gérant des homoeconomicus - on parle d'un secteur avec un taux de marge de 1% - et certains auteurs et autrices peuvent se faire une idée de leur oeuvre à la manière de Kafka et Pessoa.
"Pourquoi sauverait-on les librairies ? Mais pour la même raison que l'on imagine des dragons et des histoires à leur sujet.
The way to love anything is to realize that it might be lost.

Re: Le prix des livres

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mamath1234 a écrit : sam. 13 juin 2026 16:57 On peut même prolonger à l'ensemble de la culture, c'est une activité economique comme les autres, si elle n'est pas rentable ca ne sert à rien de la sponsorisé
Ça n'est pas mon propos, perso
Donc "on" peut, mais je ne souhaite pas qu'on me mêle à ça

D'ailleurs, c'est faux : par exemple, il y a des théâtres associatifs
C'est l'exemple qui me vient, mais ce n'est pas le seul : des activités culturelles non économiques
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Re: Le prix des livres

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HerrFranz a écrit : sam. 13 juin 2026 23:53 "pourquoi sauverait-on les librairies ?".
Cette question, et toutes celles qui devraient en être la suite logique, pourrait tout aussi bien s'appliquer aux auteurs et autrices. Pour quelle raison les livres devraient-ils être vendus ? À partir de quelle époque un auteur, une autrice a-t-il considéré que son oeuvre était un bien marchand et non un don à l'humanité - ou à un petit groupe d'initiés ? De quel processus l'auto-édition est-elle l'aboutissement ? Quelle valeur accordée à un auteur ou autrice qui ne rencontre aucun succès commercial dans le cadre d'une économie capitaliste ? Toutes ces questions renvoient à une circularité logique qui est celle du capitalisme moderne et de sa définition de la valeur. Toutes les librairies ne sont pas des entreprises d'accumulation du capital et leur gérant des homoeconomicus - on parle d'un secteur avec un taux de marge de 1% - et certains auteurs et autrices peuvent se faire une idée de leur oeuvre à la manière de Kafka et Pessoa.
"Pourquoi sauverait-on les librairies ? Mais pour la même raison que l'on imagine des dragons et des histoires à leur sujet.
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Le fait de mettre dans le même panier auteurices et librairies est à mes yeux signifiant du souci
Sans artistes, on ne produit plus d'Art : on peut débattre de la façon dont on leur donne de quoi vivre (dignement, hein, pas juste bouffer) et il peut y avoir plusieurs réponses à ça
mais les librairies ne produisent pas de Culture

Certaines librairies participent au lien social et ce genre de choses
et c'est toujours celles qu'on cite en exemple : quel pourcentage du chiffre d'affaires global de toutes les librairies de France correspond à ces quelques librairies qu'on voudrait voir continuer ?
Même si c'est 10 % (et c'est beaucoup, je ne pense pas qu'on en soit là), mettre en place des taxes, aides, subventions... pour maintenir à flot une activité dont seulement 10 % sont vraiment ce qui nous tient à cœur... ben...

La plupart des librairies ne proposent pas les ouvrages des petites maisons d'édition ou des auto-édité·es (qu'on rencontrera plutôt en salons)
Elles proposent des livres à durée de vie très courte qui partent ensuite au pilon
Je ne vois rien de romantique là-dedans...
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Re: Le prix des livres

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Je ne mets pas dans le même panier auteurices et librairies mais s'il faut considérer le déclin de ces dernières comme le jugement implacable de la loi du capital quel statut d'exceptionnalité permettrait aux premières de s'exonérer du même couperet ?

D'où ma liste d'interrogations qui ne sont pas des mises en accusation mais une manière de pas de côté.

Mais peut-être que notre divergence de vue ne tient qu'à l'emploi d'une majuscule.

Il y a 3500 librairies indépendantes en France. Si elles disparaissent, il y aura toujours des points de vente physique pour acheter des ouvrages. Mais au vu de l'identité de leurs propriétaires et de leurs stratégies, la préservation même d'une part réduite du volume de marché pour les indépendants est une source de diversité que l'on peut considérer comme d'intérêt public.

Pour le volume de vente de livres, elles représentent 38% du marché (je vous laisse deviner qui sont les autres vendeurs), et même 60 à 90% dans les catégories sciences humaines, théâtre et poésie. Est-ce suffisant pour se pencher sur leur situation ? Ne font-elles pas partie d'un environnement culturel qui permet une pluralité qui mérite d'être sauvegardée ?

Pour prendre une comparaison qui m'est chère, les théâtres indépendants ne sont-ils que des loueurs de salle ?
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