Re: Critique ! [La Rage des dragons - Evan Winter]
22Merci pour la chronique, je ne pense pas me laisser tenter de suite, mais à voir plus tard pourquoi pas.
Re: Critique ! [La Rage des dragons - Evan Winter]
23Je suis sensé le recevoir par Babelio le mois dernier. J'attends encore.
En ce moment les SP de Masse Critique ont du mal à arriver jusque chez moi
Bon, ça me permet de finir le dernier tome de Primal Hunter entre temps
En ce moment les SP de Masse Critique ont du mal à arriver jusque chez moi
Bon, ça me permet de finir le dernier tome de Primal Hunter entre temps
"Il n'existe rien au-dessus du métier de bibliothécaire" Terry Pratchett
Re: Critique ! [La Rage des dragons - Evan Winter]
24C'est qu'ils avaient beaucoup de SP Elder Craft à envoyer. 
Re: Critique ! [La Rage des dragons - Evan Winter]
26Bon, je l'ai finalement reçu et lu.
J'ai globalement plutôt bien accroché.
Sans parler de coup de cœur, j'ai vraiment apprécié l'univers et les persos.
Ma petite chronique sur Babelio :

J'ai globalement plutôt bien accroché.
Sans parler de coup de cœur, j'ai vraiment apprécié l'univers et les persos.
Ma petite chronique sur Babelio :
et sinon, après avoir remonté le fil de discussion, je préfère de très loin la couv française à la VOUn roman haletant, plein de rage et de sueur.
Roman reçu grâce au Masse Critique de Babelio.
Ce premier roman d'Evan Winter est, a priori, le premier tome d'une trilogie de fantasy aux fortes consonances africaines.
Disons-le d'emblée, j'ai beaucoup aimé ce premier tome. Il n'est pas exempt de défauts et j'ai eu un peu de mal à rentrer dedans, la faute au vocabulaire notamment, assez inhabituel. Mais très rapidement je me suis pris au jeu et j'en suis ravi.
L'histoire, pour classique qu'elle puisse paraître, permet d'aborder pas mal de questions :
Tout d'abord la problématique assez basique de la quête de vengeance. Fort heureusement Evan Winter parvient à suivre son héros dans cette mission de manière très fluide, sans s'appesantir sur les états d'âmes et ce que l'on pourrait craindre de la part d'un héros à peine sorti de l'adolescence, finalement. Est-ce réaliste ? Aucune idée. Mais en tout cas la lecture n'en est que plus légère et intéressante. Je redoutais de me retrouver confronté à un héros insipide et geignard du niveau de Fitz ou de Simon chez Tad Williams. Heureusement il n'en est rien.
Ensuite il y a la problématique sociale. Tau, notre jeune héros avide de justice, se heurte au mur des castes et des normes hiérarchiques imposées, crées, par la société où il vit. Toute une pyramide (schématisée en début d'ouvrage afin de familiariser avec les termes) sociale immuable, manifestement crée pour écraser l'échelon le plus bas et favoriser le plus haut. Ça sonne étrangement contemporain. Ce système bloque Tau et l'empêche manifestement d'assouvir sa vengeance. Qu'à cela ne tienne. Il fera en sorte de gravir les échelons, de surpasser sa condition. de devenir le meilleur. Peu importe le moyen. Même si cela doit le mettre lui-même en danger.
Enfin, il y a la condition féminine. Les femmes de cet univers, qu'elles soient femmes de pouvoir ou de condition plus populaire sont assez peu présentes. Et ce malgré le rôle prépondérant qu'elles peuvent avoir sur le champ de bataille. Les Douées (qui font un écho étrange au Bene Geserit) sont évoquées, montrées, expliquées, tuées parfois. Mais ne font au final que passer dans l'histoire sans que l'auteur ne s'attarde sur elles, alors même que Tau voit un intérêt tout personnel à les fréquenter. Les autres figures féminines du récit sont tout aussi évanescentes. Qu'il s'agisse de la Reine ou des filles que Tau croise chez lui, son amie d'enfance, ou lorsqu'il part s'accoquiner en ville, elles ne sont qu'à peine ébauchées et certainement pas des figures principales du récit.
Il faut aussi dire un mot de l'immersion culturelle. Présenté comme un récit à la croisée de Gladiator et Game of Thrones, je pense qu'il faut clarifier les choses.
Tout d'abord, ne jamais croire les bandeaux promotionnels des éditeurs ! Ils sont là pour (faire) vendre. Concrètement qu'en est-il ?
De Gladiator on peut à la limite accepter la comparaison pour les combats. Un certain souffle épique règne sur ces passages et il est vrai que la musique de Hans Zimmer ferait un superbe contre-point. Pour Game of Thrones, que dire... On serait plus sur Game que sur Thrones. Les enjeux politiques, bien que présents, sont assez rapidement évincés et toute l'action reste centrée sur Tau.
Quant à l'immersion dans la culture africaine, hormis le vocabulaire, je doute qu'on y soit pleinement associés. J'ai été bien plus immergé à travers mes lectures de Nnedi Okorafor qu'ici. Sans vouloir renier l'aspect culturel proposé par l'auteur, je pense qu'il était possible d'accentuer encore cette immersion et de plonger totalement le lecteur en Afrique (si ça a été possible pour un blanc comme Thomas Day avec son Trône d'Ébène et l'histoire de Chaka Zulu, ce devrait être envisageable de faire bien mieux ici). Il est toujours possible que la suite accentue tout ça et renforce totalement ce aspect que je trouve plutôt délaissé dans ce premier tome.
Au-delà de ces points un peu en demi-teinte, le récit lui-même est tout à fait agréable à lire (n'en déplaisent aux mots bizarres croisés çà et là) et le fait que les chapitres soient courts et qu'il y ait beaucoup de dialogues contribue à lui donner un rythme qui façonne la lecture.
De plus, les combats sont particulièrement bien rendus tout au long du récit. La Rage évoquée dans le titre transparaît parfaitement lors de ces moments de tension, mince au départ et qui grossit rapidement jusqu'à l'explosion finale.
En somme, un très bon premier tome d'introduction à l'univers et un excellent premier roman de l'auteur. Il manque un petit quelque chose pour que ce soit parfait mais il serait dommage de le bouder et de passer à côté d'un très bon roman de fantasy d'action.
J'attends de voir si l'essai sera transformé par la suite et si Evan Winter tient son histoire sur la longueur.
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